Les sound systems sont devenus populaires dans les années 1950, dans les ghettos de Kingston. A l'origine, ils jouaient du RnB américain, mais avec la naissance du reggae, les sound systems sont vite devenus les premiers relais de la production locale.Surnommés "The Big Three" en Jamaïque Duke Reid (Duke Reid's The Trojan), Clement Dodd (Sir Coxsone's Downbeat) et Prince Buster (Voice Of The People) ont été les premiers sounds...
Les sound systems sont devenus populaires dans les années 1950, dans les ghettos de Kingston. A l'origine, ils jouaient du R&B américain, mais avec la naissance du reggae, les sound systems sont vite devenus les premiers relais de la production locale.
Surnommés "The Big Three" en Jamaïque Duke Reid (Duke Reid's The Trojan), Clement Dodd (Sir Coxsone's Downbeat) et Prince Buster (Voice Of The People) ont été les premiers sounds à connaître une vraie notoriété dans l'île.
En France les sound systems sont arrivés sur le tard avec comme pionniers, des sounds comme Stand Tall, King Dragon...
Aujourd'hui la relève est d'ors et déjà assurée et Easy Style Sound System en fait partie intégrante. Acteurs principaux de la scène parisienne Président (Sélecteur) et Alex (MC/Sélecteur) nous raconte, la création de leur crew, les activités de leur association Urban Son, les Soundclash...
Jamafra: Pouvez-vous présenter Easy Style, le crew, la création... ?
Easy Style: Nous sommes des amis de longue date, notre rencontre s'est faite à l'école en banlieue parisienne. Le point de départ du sound c'est l'association Urban Son crée en 2001. L'activité principale de l'asso à l'origine était le graph, un an après sa création nous avons monté Easy Style Sound System. Cela faisait déjà longtemps que l'on achetait des disques, alors la passion pour le mix et le désir de partager nos vynils nous ont donné envie de jouer en soirée.
Jamafra: Quels ont été les débuts du sound, son évolution et comment envisagez-vous l'avenir ?
Easy Style: Notre tout premier sound, on l'a posé en Bretagne, un peu pour gagner en expérience et aussi parce qu'il était difficile de trouver de la place pour jouer à Paris. Cette première soirée a bien plu, alors on a cherché des dates et du coup on a tourné là-bas l'été qui a suivi. A l'époque on était deux MC et deux sélecteurs, chacun a suivi son chemin et désormais nous sommes tous les deux plus Benco qui sélecte de temps en temps.
Par la suite nous avons joué une fois par semaine à l'Union Bar à Paris, mais ce qui nous a fait vraiment connaitre c'est d'avoir joué dans un squat à Courronne. Puis l'achat de notre sono nous a permis de jouer dans les festivals de Cologne, Bagnole sur Cèze...
Désormais nous jouons régulièrement à la Péniche Alternat (Quai de Bercy, 75), chaque soirée a une vibes différente et nous nous y sentons un peu comme à la maison . Aujourd'hui la passion est toujours là et il y a plein d'endroits où nous n'avons pas joué, alors beaucoup de dances se profilent à l'avenir.
Jamafra: On remarque que bon nombre de sound system continuent leurs activités en créant un label et en produisant des séries, est-ce quelque chose que vous envisagez ?
Easy Style: Un jour à terme, oui. Nous en avons déjà parlé, mais actuellement nous kiffons vraiment les dances et le plaisir grandit avec l'expérience, il nous reste encore beaucoup à accomplir dans ce sens .
Un label demande aussi beaucoup d'investissement personnel, le sound ne nous faisant pas vivre, il est difficile de l'envisager pour le moment. Nous prenons les choses au fur et à mesure, nous essayons de bien les faire, et nous restons concentrés sur le sound.
Jamafra: L'association Urban Son, les soirées Urban Party et le clash Urban Trophée pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ces activités ?
Easy Style: L'association Urban Son c'est un peu notre force. Avec elle nous n'avons pas attendu que l'on nous invite pour jouer, c'est ce qui nous a permis de nous bouger depuis le début et de pouvoir organiser des soirées. Entourés de toute l'équipe cela nous permet de tenir le bar, gérer l'entrée, faire la sécurité...
Urban Party c'est plus les soirées official d'Easy Style ; le principe est de faire jouer à nos côtés un sound parisien et un sound de province. Ainsi ça amène un peu de fraicheur sur la scène locale et offre au public parisien de nouveaux sounds à découvrir. Cela nous permet aussi, avec ces connexions, de nous exporter en province et de créer un échange.
Et Urban Trophée ce sont les clashs entre sound system, actuellement nous sommes sollicités afin de mettre en place la nouvelle édition, mais nous sommes confrontés à des problèmes de salle. Nous avons déjà 8 à 12 sounds que nous avons sélectionné afin d'obtenir une certaine qualité.
Pour la prochaine édition nous allons ajouter, non sans regrets, la possibilité de jouer les dubplates en CD contrairement aux deux premières éditions, car beaucoup de sound ne font plus graver les dubplates sur acétate à cause du prix. C'est encore en discussion, car nous avons quand même envie de continuer à les jouer en vinyl.
Il y aura toujours des sets en 45T et là il est hors de question de jouer les singles sur CD. On nous reproche souvent qu'il y a trop de set en 45T à l'Urban Trophée, mais en termes de temps c'est 50/50 entre dubplates et 45T, nous on kiffe les deux et un bon sound doit savoir joué ses 45T...
Jamafra: Pour vous, que représente le clash ?
Easy Style: Le clash c'est quelque chose d'assez particulier et il ne faut pas que ça dérive en règlement de compte ou autre mauvais délires. Nous n'avons jamais eu de débordement et c'est aussi pour ça que nous sélectionnons les sounds. Ensuite c'est toi qui mets la vibes dans l'organisation de la soirée, si tu mets les gens à l'aise au début et que tout le monde est cool, il n'y a pas de soucis. Si c'est pour faire des clash à la jamaïcaine et s'insulter il n'y a pas d'intérêt, dans la langue française il y a assez de subtilités pour pouvoir rigoler et détourner les lyrics.
Jamafra: Et vous, on ne vous voit pas souvent en clash, pourquoi ?
Easy Style: On s'y met tout doucement, ça nous fait envie, mais nous n'avons pas encore une box assez conséquente pour jouer correctement en clash. Pour le moment nous avons plus investi dans du matériel (camion, sono...) plutôt que dans les dubplates. Cette année nous sommes inscrits dans une Cup 45T (Breizh Cup) , on a déjà passé le premier tour contre King Selecta et pour le prochain tour nous jouerons contre High Session de Lille.
Jamafra: L'avenir du 45T classique par rapport au CD, quelle est votre approche par rapport à ces deux supports ?
Easy Style: Notre amour du vynil nous pousse naturellement à privilégier ce support car jouer sur CD ce n’est pas la même vibes. Ce qui nous dérange, c'est pas que certains sounds jouent des CD MP3, mais que dans bien des cas ce sont des morceaux qui proviennent du téléchargement. Cette façon de faire tue non seulement le marché du disque, mais aussi toute la production.
De plus ce qui fait la force d'un sound c'est aussi sa box, les dubplates, mais aussi le nombre de 45T et de Maxi que les sélecteurs ont glané au fil des années.
Jamafra: Dans quel registre vous positionnez-vous, roots / nu-roots / dancehall... ?
Easy Style: Nous ne rentrons pas forcément dans une case prédéfinie, car nous jouons de tout. Il y a des moments différents dans la vie, alors il y a forcémént des sons différents pour l'accompagner. A la base, le reggae est une musique consciente avec un message, c'est un peu notre façon de vivre. Nous avons plus la mentalité à l'ancienne ; unity, une seule grande famille où l'on prend soin de nos enfants et de leur éducation.
Ensuite rien n'empêche de faire la fête demain, en soirée on joue de tout, il y a toujours différentes vibes et différentes ambiances. Si nous jouons des tunes conscious j'essaye (Alex) d'argumenter pour éveiller les consciences, alors que si nous jouons du dancehall ou du slackness j'aurai moins de choses à dire.
Jamafra: Quels sont vos meilleures soirées et souvenirs ?
Easy Style: Il y a beaucoup de bons souvenirs et il y a forcément des dances qui sortent du lot. Ja'Sound (Bagnole sur Cèze), Summer Jam (Cologne) où nous n'avions pas le droit de rentrer avec le camion, nous avons quand même joué avec un groupe électrogène, les Allemands étaient fous... La fête de la musique à côté du cirque d'hiver près de République où nous avons joué jusqu'à 6h du matin malgré la pluie, la rue était pleine de gens en train de danser, jusqu'à l'arrivée de la police...
Plus récemment les 10 ans du Bam Salute à Toulouse, des grosses soirées à la péniche Alternat, un festival en plein air en Bretagne, enfin plein de soirées ...
Jamafra: Votre tune du moment ?
ALex: La dernière c'est sur le label KBC Music le Luciano "We've had enough" et en face B Le Million Stylez "In this time", le riddim "More life" est bad et les lyrics sont nice.
Président: Moi je suis resté bloqué sur "Clear the air" le remix avec Shabba Ranks, Akon & Busta Rhymes et les tunes d'Alborosie qui a bien explosé cette année.
Jamafra: Des remerciements ?
Easy Style: Un big up à tout notre crew qui nous aide à organiser les soirées, avec un spécial pour Benco et Loydie et aussi à tous les massives.
Remix, gimmi di remix YANKEES A YARD 2
>> 09/12/2007 à 12:22
Interview
Tags: Bost, Bim, The Bombist
Que ce soit les rappeurs tel que The Game avec le sample One blood de Jr Reid sur son titre It's okay, ou la big tune Come around de Collie Buddz revisitée des lyrics à l'instrumentale, les remixs sont de plus en plus présents dans les bacs des disquaires...
Que ce soit les rappeurs tel que The Game avec le sample "One blood" de Jr Reid sur son titre "It’s okay", ou la big tune "Come around"
de Collie Buddz revisitée des lyrics à l’instrumentale, les remixs sont de plus en plus présents dans les bacs des disquaires spécialisés. Mixés ou pressés avec plus ou moins de
qualité, il n’en reste pas moins que certaines des ces créations sont plutôt de belle réussite. Face à cette profusion de brandnews et à l'émergence de nouveaux
labels orientés principalement sur ce créneau (The Bombist, Prime Time, White Label, Upstate, Jiggy Rmx, Flex...) doit on y voir un nouveau cap pour le reggae
dû à un nouvel attrait du public, un effet de mode passager ou tout simplement une nouvelle forme de création musicale à l’image du dancehall.
Alors à l'occasion de la sortie de la nouvelle compilation 100% remixs soul, R&B, hip-hop YANKEE A YARD 2 du duo Bost&Bim aka The Bombist, nous sommes allés les rencontrer à
quelques heures de leur show au Batofar où ils partageaient la scène, avec entre autre Demolisha Deejayz.
Jamafra: Pourriez-vous, vous présenter le duo, votre parcours... ?
Bim : Tous les deux musiciens, moi à la guitare et Bost comme saxophoniste,
on s'est rencontré il y a 15 ans à travers différents groupes de reggae, nous nous sommes tout d'abord réunis dans un premier groupe "Natty Massive" qui deviendra par la
suite "Amousolo".
Ensuite nos activités nous ont amené chacun à collaborer avec différentes formations artistiques et ainsi nous avons jongler entre composition, interprétation et production.
Mais c'est à partir de 1999, avec la création de notre propre studio que les choses se sont accélérées, tout d'abord d'abord le travail avec Tairo ou Matinda
(qui aboutira à "Dancehall Academy"), puis les riddims pour Spécial Delivery (Clean vibes, Storm alarm, Joyfull moment,
Dis ya time, Jugement time, Vision), en passant par des collaborations sur les
albums de Queen omega, Lyricson... ,
pour nous amener aujourd'hui à YANKEE A YARD 2
sur notre label The Bombist (anagramme de Bost&Bim ndlr).
Jamafra: La sortie de YANKEE A YARD 2 est prévue pour la fin novembre, le nombre de titres et de riddims ?
Bost&Bim :
La compilation est disponible dans les bacs depuis le 26 novembre, elle est distribuée par Musicast, au prix public conseillé de 10,90€.
Sur cette compilation nous avons mixé 54 titres sur 18 riddims différents.
Jamafra: Lors de la sortie de YANKEES A YARD 1 des titres était édité en vinyl, cette fois-ci est-il prévu d'en presser ?
Bost&Bim :
Dans la continuité de YANKEE A YARD 1 on sortait régulièrement de nouveaux remixs en 45T au fur et à mesure de nos inspirations, on
les retrouve maintenant enchaînés sur YANKEE A YARD 2 avec d'autres nouveaux RMX. Les titres s'accumulant dans notre box, les demandes répétées du style "c'est pour quand le 2",
ainsi que la rencontre avec notre distributeur Musicast ont précipité les choses et désormais le 2ème volume voit le jour.
Prochainement de nouveaux 45T vont être pressés, car le public est différent sur ces deux supports, que sont la mixtape CD et le 45T, alors guettez les bacs...
Jamafra: On vous connaît plus comme des musiciens "classiques", d'où vient cette envie de faire des remixs ?
Bost&Bim :
En tant que musiciens de scène et de studio nous nous sommes mis naturellement à composer et réaliser des riddims, nous avons travaillé avec pas mal d'artistes et un peu par
hasard nous avons essayé de coller des voix hip-hop, soul et R&B sur nos propres rythmiques reggae-dancehall. Le doigt pris dans l’engrenage on s'est pris au jeu et c'est
comme ça que la première mixtape YANKEES A YARD 1 est née.
Jamafra: Comment choisissez vous les riddims et les avez-vous rejoués systématiquement ?
Bost&Bim :
Sur cette compilation nous avons réalisé chaque riddim, il y a des instrus de notre composition personnelle et des instrus "connues" que nous avons
rejoué en apportant notre touche personnelle, l'adaptant aux accapellas ou construisant le riddim autour de la voix, cela ce passe au feeling...
Jamafra: Le choix des artistes?
Bost&Bim : Nos goûts musicaux nous amènent à fouiller
dans les groupes qu'on kiffe, ensuite on arrive à tenter des remixs qui à la base ne nous semblaient pas forcément évidents. L'originalité de
ce genre d'exercice c'est de pouvoir s'autoriser des délires, qui au final reçoivent un très bon accueil du public et nous poussent dans ce sens.
Jamafra: Vos collaborations et remerciements pour cette compilation ?
Bost&Bim :
Un spécial pour Demolisha Deejayz qui nous ont fait l'intro et l'interlude, c'est un collectif qui nous impressionne autant par leur originalité
que par la qualité de leur travail, Toops pour la pochette, Blue Moon et Patate et tous les DJ's et médias qui diffusent nos RMX...
Jamafra: Ce soir vous vous produisez au Batofar pour la promo de YANKEES,
c'est une approche différente de la scène, comment l'appréhendez vous ?
Bost&Bim :
Nous sommes habitués à jouer sur scène en tant qu'instrumentistes (21st Century Band, Homegrown Band notamment), pour les Shows Bost&Bim on a
une approche différente ; on a une partie DJ qui nous permet de faire découvrir/de tester en direct nos RMX et une partie plus live ou l'on dubbe
des morceaux en direct en y ajoutant des instruments, nous répétons pour ce genre d'événement, mais chaque prestation à ça part d'improvisation, alors c'est au feeling...
Jamafra: Votre actualité et vos projets à venir ?
Bost&Bim :
Tous les deux nous avons des activités en solo, mais en duo ; 2 riddims sur le prochain album de Neg'Marrons, les prochains riddims de Special Delivery, l'album d'Alpheus et aujourd’hui la promotion de notre compilation, les vacances se font tarder...
Jamafra: Vous parliez de Spécial Delivery, on vous retrouve
derrière la plupart de leurs riddims, c'est une collaboration exclusive ?
Bost&Bim :
Pas exclusive, mais privilégiée, Special Delivery c'est la famille, alors les choses sont facilitées et le plaisir décuplé.
Une mixtape 100% remixs qui à l'image du duo est originale et sympathique. Avec YANKEES A YARD II on découvre
une création musicale des plus singulière où l'on se surprend à aimer certains de ces titres que l'on "boycottait". Des titres phares comme ceux de : Timbaland, T-Pain, Justin Timberlake, Akon ... côtoient des classiques de la Soul Music tels que Marvin Gaye, The Supremes ... où viennent s'intercaler avec brio des titres éclectiques incluant Aventura, Gorillaz, Janis Joplin et les Beatles.
La culture du remix se veut une approche différente de la construction à la production d'un morceau, elle permet de donner un second souffle à des tunes méconnues ou tout simplement passées à la trappe. Ces "artisants du son" nous offrent généreusement leur feeling et parviennent subtilement à dynamiser et revisiter ces hits qui nous font bouger la tête et groover sur les dancefloor.
La culture reggae/remix (bootleg) est née!
Playlist: Last flight Riddim: 1. Intro by Demolisha deejays / My Love Riddim: 2. Justin Timberlake - My Love 3. Lyrikill - You done messed up 4. Gorillaz ft de la soul -
Feel good inc Soprano Riddim: 5. T-Pain Ft Akon – Bartender 6. Wyclef Ft Akon - Sweetest Girl / Joyful Riddim: 7. Eminem - My Name Is 8. Lil' Wayne – Fireman /
Rankin Riddim: 9. Aaliyah - Try Again 10. Vegas – Kokane 11. Cassie - Me And U 12. Burro Banton - Phenominal one 13. Mary J - Family Affair /
Ocean of tears Riddim: 14. Mary J - Be Without U 15. Jaheim - Everytime I Think About Her 16. Earth Wind & Fire - Boogie wonderland / Disyatime Riddim: 17.
Stevie Wonder – Uptight 18. Tupac – Smile 19. R Kelly Ft T.I & T-Pain - I'm A Flirt 20. The Supremes - Baby love / Vision Riddim: 21. Usher Ft Method Man &
Blu Cantrell - U remind me 22. Interlude by Demolisha deejays 23. Angie Stone Ft Betty Wright – Baby 24. 50 Cent - Window Shopper / Breeze Riddim:
25. 50 Cent -
Window Shopper 26. Blu Cantrell/Sean Paul – Breathe 27. Aventura - Noche de sexo 28. Sizzla - Dem a wonder 29. John Legend - Used To Love U / Lightaz Up Riddim:
30. Lil Kim - Lighters Up 31. Miss E ft Ludacris - One Minute Man 32. Jay Z/R Kelly – Fiesta 33. Buju – Champion 34. Snoop Dogg Ft B-Real – Vato / Sponjie Riddim:
35. Timbaland Ft Keri Hilson - The Way I Are 36. 50 Cent Ft Justin Timberlake - AYO Technology / Sweet Talk Riddim: 37. Robin Thicke - Lost Without You 38. Sosa Ft
Jim Jones - I'm Gettin Money / Too Wicked Riddim: 39. Pharrell Williams – Angel 40. Temptations - Ain't Too Proud To Beg 41. R Kelly - Slow wine 42. InDeep - Last
Night A DJ Saved My Life / Judgement Time Riddim: 43. Capleton - Dem Doom 44. Busta Rhyme Ft Wiil I Am & Kelis - I Love My ***** 45. Mary J Blige - Enough Crying 46.
Lil Jon Ft E-40 - Snap Yo Fingers 47. Beyonce - Ring The Alarm 48. Cassidy - I'm A Hustla / Outtacontrol Riddim: 49. 50 Cent ft Mobb Deep - Outta Control 50.
Notorious Big – Hypnotize / Let's Dance Riddim: 51. Marvin Gaye - Let's Get It On 52. T.I - What you know 53. Janis Joplin - Mercedes Benz 54. Beatles - Because
Dk Mastering, spécialiste en gravure de dubplate.
>> 09/12/2007 à 12:16
Interview
Tags: Dk Mastering, Dubplate
Dubplate, Un nom qui tourne dans toutes les oreilles des massives et sur les platines des Selecta dans les Sound System. Voici un petit éclairage, sur la recette de fabrication d'un Dubplate de la conception du support à la production musicale...
Dubplate,
Un nom qui tourne dans toutes les oreilles des massives et sur les platines des Selecta dans les Sound System.
Voici un petit éclairage, sur la recette de fabrication d’un Dubplate de la conception du support à la production musicale.
Sur la base purement technique, la spécificité du Dubplate, tient au fait que l’enregistrement du disque ne s’effectue pas sur un support classique comme
les vinyles mais en employant un ingrédient légèrement différent de ce dernier : de l’acétate, ce composant chimique plus fragile et moins durable limite la durée de vie
du disque. Celui-ci s’altère rapidement sur les platines avec le temps. Contrairement au 45 classique, cet aspect "éphémère" contribue aussi à favoriser la rareté du disque.
Le Dubplate est né en Jamaïque, dans les années 50 à l’occasion de sessions d’enregistrement studio. A l’époque, le disque une fois gravé, est alors destiné exclusivement à la promotion
d’un titre, pour les radios locales et les Sound.
Depuis, l’aspect promotionnel sur les ondes à été mis en retrait, mais le caractère "exclusif" a été maintenu puisque aujourd’hui il s’agit d’un disque unique
(un seul pressage) réalisé par un artiste. Ce dernier le destine spécifiquement à un Sound System qui va bénéficier d’un réel "big up" original.
Le disque existant alors en un seul exemplaire est appelé "Dubplate" ou autrement nommé un "Special".
Côté artistique, le Singjay reprend un de ces tubes (généralement un hit) ou choisi une version qu’il va revisité,
en modifiant les lyrics du son original pour un plébiscite en faveur d’un Sound system.
Cette spéciale mise à l’honneur du Sound System pour lequel l’artiste a choisi de promotionner le nom ainsi que la réputation,
est assortie de nombreuses dédicaces destinées au Sound mais aussi aux différents membres qui le composent (Selecta et Djs) sur toute la durée du morceau.
Pour les Sound, l’utilisation du Dubplate devient une "nouvelle arme", elle leur permet de s’afficher et
de "rivaliser" entre eux avec des Specials introuvables ailleurs. C’est grâce à la qualité et à la diversité
des Dubplate que les Sound vont amplifier leur audience auprès des massives lors des soirées. Le public, tout aussi amateur de Special, ira davantage écouter un Sound plutôt qu’un autre en fonction des nouveaux Duplates qui tournent en live.
Si pour les Sound, le Special est devenu l’incontournable "tune" à jouer sur les platines, il n’en reste pas moins que pour l’artiste c’est un nouveau moyen de donner un second souffle de vie au morceau, en le posant de manière éclectique sur des versions parfois très éloignées du titre original pour le plaisir de tous.
Garantissant depuis des années son côté insolite le Dublplate reste pour les massives toujours spécial, entre authenticité et exclusivité, une good vibe toujours appréciée lors des Sound system
Alors curieux d'en savoir un peu plus sur la réalisation technique de ce fameux Dubplate, nous sommes allés à la rencontre d'Hervé, ingénieur du son et fondateur de Dk Mastering, studio basé à Paris spécialiste dans cette discipline.
Jamafra: Tout d'abord, peux tu nous présenter DK Mastering, l'équipe, le studio... ?
Hervé DK Mastering : Déjà producteur en tant que label, l'approche et la fabrication du vinyl
nous avaient interpelé et c'est ce qui nous a poussé à nous lancer dans l'aventure en achetant notre propre graveuse, alors après quelques recherches courant 2000,
nous avons crée en 2001, avec mon frère, un premier studio ; "Reverse", qui à la base était destiné exclusivement au mastering pour vinyl.
Ensuite Reverse se développant et mon frère partant pour l'Espagne, j'ai déménagé rue St Maur (Paris XI) et créé "DK Mastering".
L'équipe se compose de trois ingénieurs "intérimaires", qui jonglent entre leurs activités artistiques et le studio, et moi-même qui suis présent à plein temps.
Nos activités tournent principalement autour du mastering CD, vinyl, DVD et Dubplate. Côté matériel nous travaillons principalement avec du hardware, convertisseur Prism Sound, égaliseur et compresseur analogique/numérique, station de prémastering/mastering Sonic Solutions...
Jamafra: La différence entre un dubplate et un vinyl classique, grand public ?
Hervé DK Mastering : Il faut tout d'abord restituer ce que l'on entend par Dubplate;
son utilisation première étant d'être l'image du master destiné à une production commerciale de vinyl. Détournés par les Sound System ils servent à une utilisation unique
et personnelle du morceau gravé.
Ensuite techniquement il est de taille et d'épaisseur similaire au vinyl que nous connaissons tous. Il est soit en pvc, soit en aluminium laqué d'une fine couche
d'acétate ( inflammable ), et gravé contrairement au vinyl classique qui est pressé.
Jamafra: Existe t-il plusieurs techniques de gravure et laquelle réalisez-vous ?
Hervé DK Mastering : En effet il existe plusieurs techniques de gravure,
qui dépendent des matériels utilisés, par exemple nous utilisons une NEUMANN VMS 66, qui est une graveuse professionnelle destinée à faire du mastering sur acétate, ensuite des systèmes ont été réalisés pour s'adapter sur des platines de type MK2 qui eux gravent principalement sur des supports PVC.
Jamafra: Quels en sont les avantages et les inconvénients ?
Hervé DK Mastering : Notre système étant constitué d'une chaîne complexe de traitement de son pour arriver finalement à la graveuse, il demande déjà un investissement lourd et un local adapté, mais en découle un résultat forcément de qualité supérieure car il sert de modèle pour une production commerciale. Alors aux premières écoutes d'un support acétate le son est plus chaud et la basse a encore plus d'ampleur du fait que l'acétate est plus mou.
En comparaison le rendu sonore d'un support PVC sera moins qualitatif et d'un niveau sonore plus faible. Après le support acétate à des défauts ; son poids, son prix et son usure prématurée due aux passages répétés de la tête de lecture sur les sillons.
Jamafra: Quels sources ou supports sont nécessaires pour graver un Dubplate ?
Hervé DK Mastering : Le plus simple c'est un CD audio, avec dans l'ordre les titres désirés en gravure, au format .wav. Les morceaux de préférence simplement mixés, car au moment de le gravure je m'occupe du niveau d'amplitude sonore, dans bien souvent des cas les sources sont trop optimisées pour atteindre un niveau élevé sur cd numérique, alors que la gestion de l'amplitude d'un Dubplate analogique est totalement différente.
Aussi le Spécial pouvant être destiné à un moment unique et éphémère, lors d'un Sound Clash par exemple, il est possible de transférer les fichiers par internet pour une gravure expresse.
Jamafra: Le processus de fabrication ?
Hervé DK Mastering : Une fois les fichiers récupérés ils suivent tous un processus de traitement du son,
pour arriver ensuite sur la graveuse NEUMANN,
qui à l'aide de sa tête de gravure inscrit directement l'onde sonore sur le support acétate.
Jamafra: Les différents formats que vous proposez et leurs prix ?
Hervé DK Mastering : Le dubplate acétate existe en trois formats;
le 7" (17 cm) de 3 à 4min par face en 45t à 40 € ht frais de port en plus,
le 10" (25 cm) de 6 à 7 min par face en 45t à 50 € ht frais de port en plus,
le 12" (33 cm) de 9 à 10 min par face en 45t à 60 € ht frais de port en plus,
Par expérience je ne grave que des 7" et 10", car le 12" étant plus lourd les platines disques ont du mal à se lancer.
Jamafra: Quel est le profil type de votre clientèle dubplate ?
Hervé DK Mastering : Si on omet l'utilisation très spécifique du Spécial des Sound, la clientèle reste très variée. Cela dit, il nous arrive de graver des productions qui sont jouées en soirées afin tester leur popularité, en vue d'une commercialisation éventuelle.
Dernièrement j'ai remarqué que l'utilisation de ce support s'estompe pour laisser place au support CD, mais heureusement certains Sound
gardent cette culture et cette démarche du Dub.
Une rencontre riche d'enseignements, qui nous a permis de comprendre un peu mieux la technique de fabrication de ces fameuses Dubplates,
qui enflamment les Sound Clash et font danser les massives.
On retiendra aussi que c'est une vraie culture autant du côté du Sound qui devra adopter une vraie démarche quant au choix de ces plates, mais aussi du côté ingénierie qui se
révèle être pour notre hôte plus qu'un métier ; une passion. Alors la rédaction de Jamafra Big Up tout particulièrement Hervé pour nous avoir
accueillit dans ses locaux et tous les Selecta qui mash up les danses avec des acétates originales.